 Les recommandations pour une conception d’une application interactive sont nombreuses, et plusieurs critères ergonomiques organisant ces informations en ressortent. Dominic Scapin et Christian Bastien les regroupent dans un ouvrage intitulé « Ergonomic Criteria for the Evaluation of Human-Computer interfaces ». Huit critères essentiels sont à retenir :
Le guidage de l’utilisateur : « Le guidage est l’ensemble des moyens employés pour conseiller, orienter, informer, et conduire l’utilisateur lors de ses interaction avec l’ordinateur (messages, alarmes, label, etc.) y compris dans ses aspects lexicaux ». Quatre sous critères y participent : l’incitation, le groupement/distinction entre items, le retour d’information immédiat et la lisibilité
La charge de travail : Elle concerne l’ensemble des éléments qui se trouvent sur une interface et qui ont pour rôle de réduire la charge perceptive et mnésique de l’utilisateur et d’augmenter l’efficacité du dialogue. Deux sous critères y contribuent : la brièveté et la densité informationnelle.
Le contrôle explicite : Il concerne à la fois, la prise en compte par le système des actions explicites des utilisateurs et le contrôle qu’ont les utilisateurs sur le traitement de leurs actions. Deux sous critères y participent : les action explicites et le contrôle utilisateur.
L’adaptabilité : La capacité du système à réagir selon le contexte et selon les besoins et les préférences des utilisateurs.
La gestion des erreurs : Elle concerne tous les moyens permettant d’une part d’éviter ou de réduire les erreurs, et d’autres part de les corriger lorsqu’elles surviennent. Trois sous critères y participent : la protection contre les erreurs, la qualité des messages d’erreur et la correction des erreurs.
L’homogénéité / cohérence : Elle se réfère à la façon avec laquelle les choix de conception de l’interface sont conservés pour des contextes identiques et différents pour des contextes différents.
La signifiance des codes et dénominations : Elle concerne l’adéquation entre l’objet ou l’information affichée et son referant.
La compatibilité : Elle se réfère à l’accord pouvant exister entre les caractéristiques des utilisateurs (mémoire, perceptions, habitudes, compétences, age, attentes, etc.) et des taches, d’une part, et l’organisation des sorties, des entrées et du dialogue d’une application donnée d’autre part. De plus, la compatibilité concerne également le degré de similitude entre divers environnements ou applications. Ces recommandations guident les informaticiens dans les différentes phases de leur développement. Elles interviennent dans tous le processus. L’ergonomie apporte avec ces critères des méthodes d’aide à la conception, elle n’est pas comme elle fut longtemps considérée comme une opération cosmétique n’intervenant qu’en fin de cycle. |